La 5e édition du festival Afriques en vision se déroule du 25 novembre au 1er décembre à Bordeaux. Organisé par l’Institut des Afriques, ce festival met à l’honneur la pluralité des cinémas africains, patrimoniaux et afro-diasporiques, en portant une attention particulière à leur dimension politique intrinsèque. Dana Khouri, coordinatrice à l’Institut des Afriques, était l’invitée d’Africa Radio le 28 novembre pour revenir sur l’importance culturelle, identitaire et politique de cet événement.
Un festival entre mémoire, identité et politique

Afriques en vision est bien plus qu’un simple festival cinématographique, il est un espace de mémoire, de transmission et de réflexion sur les histoires africaines et afro-diasporiques. Dana Khouri souligne que le cinéma présenté « est politique par essence ». Ce constat s’appuie sur l’histoire de la création cinématographique africaine qui, dès ses débuts, s’est nourrie des luttes pour la décolonisation et l’affirmation identitaire. La portée politique des films africains ne se limite pas à une thématique superficielle : c’est un engagement au cœur même des récits, des choix esthétiques et des discours visibles à l’écran.
BON À SAVOIR
connaît alors un succès relativement important en Afrique du Sud, est le premier long-métrage sud-africain utilisant la technologie offerte par la caméra
Une programmation qui valorise la diversité des cinémas africains
L’Institut des Afriques a établi une programmation riche, incluant des films contemporains, des archives patrimoniales, ainsi que des œuvres diasporiques qui questionnent la mémoire, l’exil et les héritages culturels. Selon Dana Khouri, cette pluralité permet de saisir la complexité et la richesse des regards africains portés sur eux-mêmes, mais aussi sur leurs diasporas. L’événement met également en avant les cinéastes émergents qui participent à la vitalité du cinéma africain et contribuent à son renouvellement.
Le regard diasporique : entre racines et revendications
Le cinéma afro-diasporique occupe une place centrale dans le festival. Dana Khouri rappelle que ces films, souvent réalisés hors du continent, participent à la construction d’une mémoire collective qui transcende les frontières. Ils explorent les questions d’identité, de racisme, de violence sociale, mais aussi de résilience culturelle. Ainsi, le cinéma afro-diasporique est un vecteur d’expression politique et sociale indispensable pour mieux comprendre les enjeux auxquels sont confrontées ces populations à travers le monde.
Un espace de dialogue et d’échanges
Au-delà des projections, Afriques en vision se veut un lieu de débats et de rencontres entre artistes, chercheurs et publics. Dana Khouri insiste sur l’importance d’ouvrir ces espaces de dialogue pour créer des ponts entre les cultures et encourager une meilleure compréhension des réalités africaines et diasporiques. L’Institut des Afriques considère ce festival comme un outil essentiel pour déconstruire les stéréotypes, valoriser les créations africaines et construire un imaginaire qui s’émancipe des injonctions extérieures.
Entre héritage et avenir, un cinéma engagé et porteur d’espoir
Le festival Afriques en vision s’inscrit dans une dynamique contemporaine où le cinéma africain et afro-diasporique joue un rôle crucial. Ce cinéma, aux racines politiques profondes, est aussi un vecteur d’espoir et de transformation. En donnant la parole aux créateurs et en valorisant leur diversité, l’Institut des Afriques contribue à la reconnaissance et à la pérennité d’une culture cinématographique qui interroge le passé colonial, les identités et les luttes actuelles. Comme le souligne Dana Khouri, ce rendez-vous bordelais offre une perspective unique pour comprendre que le cinéma africain et afro-diasporique est à la fois « un art, une mémoire et un combat ».