À l’heure où la crise écologique prend une dimension planétaire et urgente, il est essentiel de s’interroger sur les contributions possibles des différentes disciplines et cultures face à ces enjeux. Maurice Amuri Mpala-Lutebele propose dans son ouvrage Littérature africaine et imaginaire environnemental une réflexion sur la spécificité et l’apport de la littérature africaine dans la compréhension et la gestion des questions écologiques.
La littérature africaine face aux défis environnementaux contemporains
Le livre interroge une problématique fondamentale : que peut la littérature lorsqu’il s’agit des questions environnementales qui accablent le monde aujourd’hui ? En particulier, quelle est la place de la littérature africaine dans ce combat pour « penser le monde autrement », pour « le reconfigurer, le transformer, le panser » ? Cette interrogation s’inscrit dans un débat global, dans lequel l’Afrique apparaît parfois absente. Pourtant, selon les auteurs citées, la littérature africaine ne peut être exclue du débat sur la protection de notre « maison commune », la Terre.

BON À SAVOIR
Cinéma africain, Musique africaine Culture des pays voisins : Culture du Nigeria, Culture du Tchad, Culture de la République centrafricaine, Culture de la
Une tradition africaine de coexistence harmonieuse avec la nature
Depuis la nuit des temps, l’Afrique a perçu la nécessité d’une coexistence harmonieuse entre l’homme et la nature, considérés comme éléments indissociables de l’environnement. Cette pensée se manifeste notamment à travers les littératures orales traditionnelles, qui, selon Maurice Amuri, ont pratiqué un biomimétisme culturel visant à mieux connaître, maîtriser et gérer la nature dans un esprit d’équilibre.
Cette héritage ancestral constitue une base de réflexion fondamentale, soulignant que l’imaginaire africain intègre profondément l’environnement dans son récit culturel et social.
Littérature écrite et symbolique écologique
Avec la transition vers l’écriture, la littérature africaine contemporaine poursuit cette tradition en représentant ses réalités sociales et environnementales. Elle recrée ces réalités en une symbolique écologique porteuse d’une vision de vie harmonieuse entre l’homme et la nature.
Cette démarche littéraire permet d’envisager de nouvelles manières de voir et de penser l’écologie, au-delà des dichotomies modernes souvent limitantes. Comme le souligne le questionnement posé par Baptiste Lanaspeze et Marin Schaffner : « Qu’est-ce que la littérature africaine peut apporter à la pensée écologique, que ne peuvent apporter ni les sciences naturelles ni les sciences humaines ? De quelles puissances propres dispose l’imagination littéraire africaine pour inventer ou retrouver, en deçà de la polarisation dualiste moderne, des manières écologiques de dire, de sentir et de penser ? »
Un combat urgent et une responsabilité partagée
Alors que la catastrophe écologique est déjà bien engagée, la nécessité de trouver des moyens pour continuer à habiter ce monde est devenue impérative, comme le rappelle Xavier Garnier.
La contribution de la littérature africaine apparaît dans cette perspective comme un apport indispensable et singulier. Non seulement elle offre une approche culturelle riche et ancrée dans la tradition, mais elle invite également à repenser nos relations au vivant, dans une optique de respect et d’interdépendance.
D’après le média actualitte.com, cet ouvrage propose une invitation à revisiter la littérature africaine non seulement comme un témoin de ses sociétés, mais aussi comme une force imaginative capable de penser profondément l’écologie et d’inspirer un engagement en faveur d’une planète à préserver.
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