L’édition 2025 du concours ePOP a une nouvelle fois révélé la force créative et l’engagement environnemental de jeunes réalisateurs issus de différents horizons. Cette année, des voix venues d’Afrique de l’Ouest, de Madagascar et d’Amérique latine ont émergé avec des œuvres profondément ancrées dans les réalités locales, tout en portant un message universel sur la préservation du vivant et la justice environnementale.

En Côte d’Ivoire, le film Au crépuscule de la lagune souillée de Juste N’Zima, accompagné par Jésus Aka et Nicolas Owo, met en lumière l’impact du mauvais aménagement côtier et de la pollution sur les communautés de pêcheurs. À travers le témoignage d’un pêcheur devenu « vigie » de la lagune, l’œuvre capture la fragilité d’un écosystème menacé et la perte progressive des ressources halieutiques. Il s’agit de la première participation du réalisateur, soutenu par le Club RFI Abidjan, et son travail a immédiatement retenu l’attention par la justesse de son regard et la profondeur de son approche environnementale.
BON À SAVOIR
Un concours de sommellerie est un concours régional, national ou international permettant de sélectionner les meilleurs sommeliers de leur catégorie.
Depuis l’Équateur, la réalisatrice Sara Sandemetrio Arbona a proposé un film centré sur la relation intime entre la mémoire collective, les savoirs ancestraux et le territoire. Par la sagesse du volcan Ilaló explore la dégradation des écosystèmes, la pression foncière, l’expansion urbaine et l’invasion de l’eucalyptus, qui menacent la diversité bioculturelle locale. À travers la voix de Richard Chuquimarca, gardien des savoirs traditionnels, Sara interroge les liens fragiles entre le vivant, les rituels et la continuité des pratiques communautaires. Diplômée en anthropologie visuelle et déjà remarquée lors d’une précédente masterclass ePOP, elle confirme une grande sensibilité cinématographique et une forte conscience des enjeux socio-écologiques.
À Madagascar, Tout est nickel à Ambakarivo ! de Patrick Ramangason s’impose comme une œuvre visuellement magistrale. Le film oppose la puissance d’un gigantesque site minier à la vulnérabilité d’une petite exploitation agricole familiale. En seulement deux minutes, Patrick parvient à faire ressentir l’injustice environnementale vécue par les habitants, confrontés à la pollution, à la dégradation de leurs terres et à l’absence de protection. Le jury, impressionné par la composition des images et la qualité des lumières, a salué un regard d’une maturité remarquable. Même le photographe malgache Pierrot Men, membre du jury, a souligné l’esthétique et la maîtrise narrative du film.
Enfin, Les petits déluges du quotidien du Malien Hadama Diakité poursuit un parcours exceptionnel au sein du concours ePOP. Habitué des distinctions depuis 2020, Hadama revient avec un film ancré dans les réalités sociales et climatiques du Sahel et des grandes villes africaines. Son œuvre témoigne une fois de plus de sa capacité à saisir la dignité des personnes, notamment des femmes, face aux dérèglements climatiques. Son style, à la fois sensible et documentaire, fait de lui l’un des réalisateurs les plus réguliers et les plus engagés d’ePOP.
À travers ces œuvres, ePOP 2025 rappelle combien les récits locaux peuvent éclairer des enjeux globaux. Les films de cette année interrogent notre rapport au territoire, à la justice environnementale, aux savoirs menacés et aux conséquences humaines des mutations écologiques. Au-delà des récompenses, ces voix portent un regard essentiel sur un monde en transformation, invitant chacun à écouter, comprendre et agir.