Restitution du masque Ngil : un combat franco-gabonais pour un trésor sacré

Depuis la vente aux enchères en mars 2022 à Montpellier d’un masque Ngil, un trésor sacré du Gabon, le Collectif Gabon-Occitanie n’a cessé de réclamer sa restitution. La récente médiatisation de cette affaire rappelle les enjeux majeurs qui entourent la conservation, la restitution et la reconnaissance du patrimoine culturel africain, notamment dans le contexte postcolonial.

Le masque Ngil : un symbole culturel et spirituel

Originaire du peuple Fang, le masque Ngil est un élément central des pratiques rituelles et sociales au Gabon. Utilisé lors de cérémonies initiatiques par la société secrète du même nom, ce masque en bois peint en blanc incarne des valeurs de justice, de protection et d’ordre social. Par son importance sacrée, il ne saurait être réduit à un simple objet d’art ou de collection, une dimension souvent méconnue hors de son contexte d’origine.

La vente aux enchères en mars 2022 dudit masque à Montpellier a provoqué une onde de choc auprès des communautés gabonaises et des défenseurs du patrimoine africain. En effet, la provenance et la légitimité de cette mise sur le marché international soulèvent des questions juridiques et éthiques. D’après fr.africanews.com, le Collectif Gabon-Occitanie, formé de ressortissants gabonais et de citoyens français engagés, mène un combat pour que ce masque sacré soit restitué à son pays d’origine, estimant qu’il a été acquis dans des conditions non conformes aux règles internationales relatives au patrimoine culturel.

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Un combat entre mémoire et droit

Ce combat pour la restitution dépasse la simple revendication matérielle. Il s’inscrit dans un débat plus large sur la réparation culturelle postcoloniale. La restitution des artefacts africains est une question sensible, qui engage des responsabilités historiques liées aux pratiques coloniales, aux pillages et à la décontextualisation des objets culturels. Le masque Ngil, en tant que symbole spirituel, représente l’urgence de reconnaître et protéger la mémoire africaine authentique.

La restitution soulève également des considérations juridiques complexes, notamment quant à la preuve de propriété, à la chaîne de possession et au respect des conventions internationales telles que la Convention de l’UNESCO de 1970. Ces textes visent à limiter le trafic illicite des biens culturels, mais leur application varie selon les pays et les circonstances. Le Collectif Gabon-Occitanie milite pour que ces normes soient effectivement appliquées dans le cas du masque Ngil.

Un mouvement plus large de restitution en Afrique

Le combat du collectif gabonais fait écho à une dynamique continentale et internationale. Plusieurs pays africains ont intensifié leurs demandes de restitution de biens culturels conservés dans les musées européens et ailleurs. Initiatives politiques, campagnes médiatiques et démarches diplomatiques soulignent une volonté d’affirmer la souveraineté culturelle et de valoriser les traditions africaines dans leur authenticité.

En ce sens, le débat sur ce masque Ngil s’inscrit dans une réflexion approfondie sur le rôle des institutions culturelles, la reconnaissance des droits des peuples autochtones et l’importance du dialogue interculturel. La réappropriation de ces trésors sacrés est aussi un moyen de renforcer l’identité et d’apporter une nouvelle étape dans la justice mémorielle.

Selon le média fr.africanews.com, malgré les obstacles, le Collectif Gabon-Occitanie persiste dans ses démarches, soulignant que « ce masque n’est pas un objet mais un héritage vivant, porteur de sens et de mémoire pour le Gabon ».