Droits d’auteur en RDC : avancées et défis dans la gestion par la Socoda

En République démocratique du Congo, le paiement des droits d’auteur organisé par la Société congolaise des droits d’auteur et droits voisins (Socoda) marque un tournant important pour les artistes locaux. Si certains bénéficient enfin de la reconnaissance financière tant attendue, cette avancée ne fait pas l’unanimité et provoque débats et controverses dans le monde culturel congolais.

Un long combat pour la redistribution des droits

Historiquement, les artistes congolais, qu’ils soient musiciens, écrivains ou créateurs audiovisuels, ont peiné à percevoir des revenus liés à l’exploitation de leurs œuvres. Le secteur culturel, riche mais souvent informel, souffrait d’un manque de mécanismes fiables pour rémunérer les créateurs. La Socoda est donc apparue comme une institution clé pour structurer le paiement des droits d’auteur, offrant un cadre légal et administratif pour protéger les ayants droit.

La récente opération de répartition menée par la Socoda est le fruit d’un engagement patient des artistes et de leurs représentants. Après plusieurs années de plaidoyer, d’organisation et de formation, la distribution effective des revenus issus des droits d’auteur commence à porter ses fruits. Ce succès, souligne un acteur culturel congolais,

BON À SAVOIR

Pegguy Tabu

musique congolaise, l'artiste se décide enfin de fusionner la musique urbaine qu'il fait, avec la rumba et d'autres styles musicaux congolais . En 2016

« est une étape cruciale pour redonner dignité et autonomie aux créateurs congolais ».

Ce paiement, fruit d’une meilleure collecte des droits auprès des diffuseurs, promet ainsi de contribuer significativement à la viabilité économique des activités artistiques.

Les conflits et critiques : un signe de l’enjeu stratégique

Cependant, cette avancée est loin de faire l’unanimité. Une campagne de déstabilisation entourant la Socoda témoigne des tensions internes et d’une certaine méfiance envers la gestion des droits. Certains artistes ou groupes remettent en question la transparence et l’équité des distributions. Ce climat de suspicion n’est pas inédit sur le continent africain, où la gouvernance des sociétés de droits d’auteur fait parfois l’objet de controverses. Il reflète également la difficulté de concilier les intérêts divergents au sein d’un secteur en pleine transition.

vers une meilleure valorisation des droits d’auteur en RDC

Au-delà des polémiques, l’expérience de la Socoda illustre l’importance de mettre en place des structures robustes et crédibles pour la rémunération des artistes en Afrique. Comme le souligne un expert,

« la protection des droits d’auteur est un levier essentiel pour stimuler la créativité et garantir la pérennité des industries culturelles ».

En RDC, la consolidation de ce système pourrait favoriser une meilleure reconnaissance des créations nationales sur la scène régionale et internationale, une dimension centrale dans un contexte où la culture joue un rôle majeur dans l’identité et le développement économique.

La récente répartition des droits d’auteur par la Socoda est à la fois une avancée prometteuse et un défi à relever pour la scène artistique congolaise. Au cœur des débats, il s’agit de renforcer la transparence, l’équité et la confiance autour de la gestion des droits. Ainsi, l’enjeu est de taille : il concerne la mémoire culturelle, la juste rémunération et la création artistique durable en RDC. Le parcours reste long, mais les premières pierres sont posées pour que les artistes congolais puissent enfin jouir pleinement des fruits de leur talent.

Pour aller plus loin