Journées Cinématographiques de Carthage 2025 : Engagement et audace au cœur du festival

Du 13 au 20 décembre 2025, la 36ᵉ édition des Journées Cinématographiques de Carthage (JCC) s’impose comme un rendez-vous cinématographique incontournable pour les cinéphiles du monde arabe et africain. Fidèle à son esprit originel, le festival met cette année l’accent sur l’engagement, la reconnaissance et l’audace, avec une programmation riche et variée à découvrir.

Une compétition officielle ambitieuse et représentative

Événement phare dans le calendrier culturel, les JCC proposent trois compétitions distinctes : courts-métrages, longs-métrages de fiction et longs-métrages documentaires. D’après le média lequotidien.com.tn, ces compétitions rassemblent au total 42 films issus de 19 pays arabes et africains, témoignant de la diversité et de la vitalité du cinéma continental et régional.

Courts-métrages au reflet de la diversité

La sélection officielle des courts-métrages comptera seize films provenant de dix pays. La Tunisie sera présente avec trois œuvres : Sursis de Walid Tayaa, Tomates maudites de Marwa Tiba et Le fardeau des ailes de Rami Jarboui. Parmi les autres nations représentées figurent l’Égypte, le Liban, la Palestine, le Sénégal, ainsi que l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Cap-Vert, le Togo et la Syrie. Cette pluralité reflète les préoccupations diverses et les questionnements sociétaux actuels à travers des formats courts mais engagés.

BON À SAVOIR

Hanni Tchelley

TCHELLEY », sur www.librairiedefrance.net (consulté le 5 juin 2024) Portail du cinéma africain Portail de la culture ivoirienne Portail de la Côte d’Ivoire

Longs-métrages de fiction : Regards croisés sur les réalités contemporaines

Dans la compétition des longs-métrages de fiction, le public découvrira des œuvres venues du Nigeria, du Soudan, de l’Irak, de la Tunisie, d’Arabie Saoudite, d’Égypte et de Palestine. Ces films s’inscrivent souvent dans une réflexion critique sur les dynamiques sociopolitiques contemporaines de ces pays. La Tunisie sera représentée par La voix de Hind Rajab de Kaouther Ben Hania, Promis le ciel d’Erige Sehiri, ainsi que D’où vient le vent d’Amel Guellaty.

Le documentaire, un art au service de la mémoire et de l’engagement

La compétition des longs-métrages documentaires met en lumière des films au contenu universel et poignant. Parmi les œuvres sélectionnées figurent Cimetière de vie de Mamadou Moustapha Gueye (Sénégal), Five Eyes de Karim Debbagh (Maroc), Home Movie on Location de Viola Shafik (Égypte), et L’homme qui plante les baobabs de K. Michel Zongo (Burkina Faso). La Tunisie présentera trois documentaires : Le Para-dis de Majdi Lakhdar, Notre Semence d’Anis Lassoued, et On The Hill de Belhassen Handous, qui concourront pour le Tanit d’or.

Hommages et focus : Un panaorama du cinéma arabe et africain

Au-delà des compétitions, la 36ᵉ édition des JCC célébrera plusieurs figures majeures du cinéma arabe et africain à travers des hommages, projections spéciales et master-classes, selon les informations révélées par lequotidien.com.tn. Ces initiatives témoignent du devoir de mémoire porté par le festival.

Légendes et icônes honorées

Un hommage particulier sera rendu au cinéaste malien Souleymane Cissé, une figure emblématique du septième art africain, avec la projection de trois de ses œuvres ainsi qu’un documentaire réalisé par sa fille retraçant son influence. Le producteur tunisien Abdelaziz Ben Mlouka sera également célébré via une sélection de films qu’il a accompagnés, illustrant sa contribution essentielle au cinéma national.

Claudia Cardinale, actrice née à Tunis et disparue récemment, sera à l’honneur avec une rétrospective de trois films qui retracent sa carrière et son attachement à la Tunisie. Par ailleurs, Ziad Rahbani, artiste majeur du monde arabe, sera mis en lumière avec un ensemble de films auxquels il a participé, dont Le Cerf-volant, Nahla, Retour à Haïfa et Après cet âge…Ziad Rahbani.

Figures intellectuelles et créateurs maghrébins

Les JCC rendront hommage au critique cinématographique libanais Walid Chmait avec la projection d’un documentaire réalisé par son fils, soulignant la portée de son engagement intellectuel et son influence sur le cinéma arabe. De même, le cinéaste algérien Mohammed Lakhdar-Hamina sera honoré à travers la projection de trois de ses œuvres majeures suivies d’une master-class animée par son fils Malik Lakhdar-Hamina, offrant une occasion unique d’éclairage sur son héritage artistique.

Le festival célébrera également la mémoire du cinéaste et metteur en scène tunisien Fadhel Jaziri (1948-2025), avec la projection de deux films essentiels : La Noce (1978), une œuvre du Nouveau Théâtre récemment restaurée, et Traversées (1982) de Mahmoud Ben Mahmoud, dans lequel il tient le rôle principal.

Enfin, la commémoration du centenaire de la naissance de Paulin Soumanou Vieyra, pionnier du cinéma africain né en 1925, donnera lieu à la projection de trois films et à une exposition dédiée, rappelant son rôle précurseur et son apport majeur au septième art.

Les séances spéciales et autres rendez-vous

La programmation inclut également plusieurs séances hors compétition avec des films tels que L’Odyssée de l’Oubli de Mokhtar Ladjimi, Redécouvrir Fanon de Rico Speight, Round 13 de Mohamed Ali Nahdi, The Settlement de Mohamed Rachad et Têtes Brûlées de Maja-Ajmia Yde Zellama. De plus, des sections dédiées au cinéma vert, aux cinémas arménien, espagnol et latino-américain complètent cette offre, qui sera détaillée ultérieurement.

Cette 36ᵉ édition des JCC confirme une fois de plus la place centrale de ce festival dans la promotion du cinéma arabe et africain, privilégiant des œuvres porteuses de sens et d’audace, tout en célébrant la mémoire et les talents qui ont façonné cette riche tradition cinématographique.

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