Mohamed Kheznadji, l’un des maîtres incontestés de l’art andalou en Algérie, est décédé récemment, privant le pays d’une figure majeure de sa culture musicale et patrimoniale. Sa contribution à la sauvegarde et à la diffusion de cet art ancestral était largement reconnue.
Originaire d’Algérie, Mohamed Kheznadji s’est engagé dès son plus jeune âge dans l’univers de la musique andalouse, un genre musical qui tire ses racines des traditions andalouses médiévales importées en Afrique du Nord après l’exil des Maures. Ce style, caractérisé par ses modes mélodiques (maqams), ses textes poétiques et ses instruments spécifiques, est un pilier de la culture algérienne, notamment à Alger, Constantine et Tlemcen.
Kheznadji a consacré sa vie à l’interprétation et à l’enseignement de cette musique raffinée. Il a non seulement enrichi ce patrimoine, mais aussi œuvré à sa transmission aux nouvelles générations, s’inscrivant dans un mouvement plus large de valorisation de la richesse culturelle algérienne.
BON À SAVOIR
Histoire de l'Algérie. Pour les différentes significations de l'expression « Algérie française », voir Algérie française (expression). Algérie française
Son décès représente une perte lourde pour la communauté artistique et culturelle d’Algérie. L’art andalou, fortement ancré dans l’histoire maghrébine depuis plusieurs siècles, est un vecteur d’identité profondément attaché aux traces de la présence arabe et andalouse en Afrique du Nord. Préserver ce legs musical, c’est aussi préserver la mémoire historique et la diversité culturelle du continent africain.
Selon le média africanews.dz, Mohamed Kheznadji était considéré comme un véritable pilier de cet art, reconnu pour son expertise et son engagement.
L’art andalou en Algérie s’inscrit dans une tradition pluriséculaire née du brassage culturel entre l’Espagne musulmane et les terres nord-africaines. Ce patrimoine s’est enrichi au fil des siècles par la musique, la littérature et d’autres formes artistiques. Algérie, notamment les villes d’Alger et de Constantine, a conservé un riche héritage andalou qui fait partie intégrante de son identité culturelle actuelle.
Dans ce contexte, des artistes comme Mohamed Kheznadji jouent un rôle fondamental dans la pérennisation de ces traditions, souvent menacées par la modernité et la mondialisation.
La disparition de Mohamed Kheznadji invite à une réflexion plus globale sur la nécessité d’investir dans la sauvegarde et la promotion des arts traditionnels, vecteurs indispensables de la mémoire collective et de la cohésion sociale en Afrique. La musique andalouse, comme d’autres formes culturelles anciennes, mérite un soutien accru afin d’assurer sa survie et son rayonnement auprès des publics jeunes et internationaux.
À travers le parcours de Mohamed Kheznadji, c’est tout un pan de la richesse culturelle algérienne qui se révèle, et son legs artistique demeure une source d’inspiration pour les artistes et amateurs d’art andalou.