Le musée Albert-Kahn, à Boulogne-Billancourt, propose une exposition unique qui revisite le Bénin d’autrefois, alors appelé Dahomey, au début du XXe siècle. À travers plus d’une centaine de photographies et d’extraits de films issus des archives du musée, les visiteurs sont invités à explorer la vie quotidienne, les paysages et les dynamiques culturelles des années 1930. Ces images historiques sont confrontées aux œuvres contemporaines de sept artistes africains, dont plusieurs béninois, créant un dialogue entre mémoire et création actuelle.
Un regard inédit sur le Dahomey colonial
Les photographies et films présentés proviennent principalement des collections d’Albert Kahn, philanthrope et banquier français engagé dans un projet novateur. Son initiative, le « Archives de la Planète », a rassemblé au début du XXe siècle des documents visuels autour du monde, offrant ainsi un témoignage rare sur plusieurs sociétés coloniales, dont celle du Dahomey. Ces archives illustrent la complexité des réalités sociales, entre traditions ancestrales et influences françaises. Comme le souligne africaradio.com, l’exposition met en lumière des instants figés dans le temps, permettant de comprendre les enjeux culturels et historiques du territoire béninois de cette période.
Des artistes contemporains pour mettre en perspective
Aux côtés de ces traces historiques, les œuvres de sept artistes contemporains africains, essentiellement béninois, enrichissent la réflexion en offrant des interprétations actuelles. Leur travail s’appuie sur les archives pour questionner l’héritage colonial et la diversité culturelle du Bénin. Ces créations artistiques, mêlant photographie, peinture, vidéo ou installation, réinventent le regard porté sur cette période et sur l’identité béninoise. Ce dialogue artistique souligne notamment la continuité des formes d’expression et des questionnements liés à la mémoire et au patrimoine.
BON À SAVOIR
Académie des sciences, des arts, des cultures d'Afrique et des diasporas africaines
des arts, des cultures d'Afrique et des diasporas africaines L'Académie des sciences, des arts, des cultures d'Afrique et des diasporas africaines (ASCAD)
Une exposition qui interroge la mémoire collective
Au-delà d’une simple présentation d’archives, cette exposition invite le public à réfléchir sur la manière dont se construit la mémoire collective africaine, souvent fragmentée par l’histoire coloniale. En articulant documents historiques et créations contemporaines, le musée Albert-Kahn favorise une compréhension plurielle du passé. Cette démarche souligne également l’importance des initiatives culturelles qui reconnectent les sociétés postcoloniales à leurs racines tout en affirmant des visions modernes et autonomes.
Le choix de ce dialogue entre passé et présent révèle la volonté d’ouvrir des espaces de reconnaissance et de valorisation des cultures africaines au sein des institutions européennes. Le musée Albert-Kahn agit ici comme un pont entre les époques et les continents, permettant à l’histoire béninoise d’être racontée selon des perspectives multiples. Selon africaradio.com, cette exposition pose ainsi une réflexion capitale sur les modes de représentation de l’Afrique dans les musées et sur la place des artistes africains dans la redéfinition du récit historique.